5 ans du blog - Arrêter de faire le mouton spirituel

Rédigé par Monk Jean Paul Aucun commentaire
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Déjà 5 ans que ce blog à la con existe ! 5 ans à tourner autour du même truc sans oser le dire simplement : je n'ai jamais réussi à choisir, ni à trouver ma case. Ni vraiment bouddhiste, ni vraiment taoïste, ni tout à fait Dude. Et à force de le noter noir sur blanc ici, des dizaines de fois, j'ai fini par comprendre que ce n'était pas un problème à résoudre. C'était juste la peur de ne pas avoir d'étiquette. Alors cette fois, j'arrête !

Et je me rends bien compte que je vais rester dans ce "brouillard spirituel". Chaque case vient avec son lot de choses qui m'écartent et puis nous sommes bien plus complexes que ça.

Un peu de stoïcisme, d'épicurisme, chamanisme, éso, druidisme, de philo, du Tao et enfin du bouddhisme, bref... chacun fait sa petite salade. Sur le papier c'est joli et ça fonctionne intellectuellement. Là où c'est plus dur, c'est quand la vieillesse, la maladie, la douleur physique, le deuil, bref les vraies grosses épreuves de la vie vous frappent.

Le petit égo panique et cherche des béquilles "spirituelles", des "voies" que d'autres ont suivies pour se rassurer et se préparer à mourir.

Alors oui, le bouddhisme a bien cartographié le fonctionnement de l'esprit, du soi, etc. La psychologie bouddhiste est d'une finesse et d'une justesse inégalées et précieuses. Par contre, les méthodes proposées et l'emballage ne me conviennent pas.

À l'inverse, le taoïsme me semble juste dans son lifestyle, mais quand la vie frappe, sans "méthode", sans manuel ni psychologie bouddhiste, on vacille vite. C'est pour cela que le Dudéisme existe, pour ceux et celles qui sont dans des mi-chemins.

Et pourtant dès que je crois avoir accepté ce "sac de croyances sur mesure", je le reperds de vue, sans le vouloir, par peur de ne pas avoir d'étiquette. C'est un mécanisme étrange mais très humain.

Il me semble que quand tout va bien, on se sent assez fort pour n'avoir aucune étiquette ni voie spirituelle clairement établie. Mais quand les doutes et le chercheur spirituel en quête de "vrai" se réveillent, quand les questions existentielles montent, un sentiment d'urgence, une sorte de peur finalement, monte et nous pousse à faire les moutons spirituels.

C'est exactement ça : nous sommes tous des moutons spirituels persuadés qu'une voie de salut, de paix est révélée et s'apprend quelque part. Sauf que non. La voie du Bouddha est celle du Bouddha, la voie de Lao Tseu est celle de Lao Tseu, celle du Dude est celle du Dude, et ta voie... c'est ta vie.

En 5 ans, je pense avoir fini de nager à contre-courant.
Aujourd'hui j'abandonne la quête, je vis.
Pour le reste : "Abide! Take it easy."


Photo merci @nati Pexel

Le refuge, au delà du moi

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L'enseignement du Zen est simple : S'assoir, et réaliser que le monde créé par la pensée des hommes est une illusion.
99% des choses qui semblent avoir de l'importance, ou hantent notre esprit, proviennent de concepts, normes et idées humaines qui n'existent que dans notre sphère mentale..
Pour sortir de cela les préceptes sont simples :

Éviter de tuer.
Éviter de voler.
Éviter de céder à des désirs nocifs.
Éviter de mentir.
Éviter de se troubler l'esprit.

Le Zen, c'est voir le monde réel par-delà le soi et les superpositions du monde des hommes.
Au delà du moi, le Bouddha voit le Bouddha..
Photo Thanks : Kristina Bekher

Apprendre à nager

Rédigé par Monk Jean Paul Aucun commentaire
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Voilà quelques années que le Dude a pris sa place dans ma vie.

La vie, c'est pas un long fleuve tranquille. C'est un torrent qui nous emporte, et on remonte à la surface de temps en temps. Ce soir je remonte.

On cherche des bouées spirituelles, mais elles nous font dériver encore plus loin. Le Bouddha est si loin de mon quotidien, alors que l'ivresse taoïste résonne si fort.

Parfois j'essaye d'y voir clair dans cette mascarade, entouré de gens qui poursuivent l'argent et le pouvoir comme des trous sans fond. Et puis je croise le rire de mes filles, et je comprends. Par l'amour on a semé des graines dans le torrent. Elles ont germé. Dans leurs os j'y vois une partie de nous, qui devient elles. Je vieillis, je deviens moins vif, moins fort, et elles s'endurcissent, poussent, se développent. La magie du transfert.

C'est le Tao. Nous sommes nés pour lui permettre de suivre sa voie. Le plus dur, c'est que cette voie reste mystérieuse tant qu'on reste attaché au moi.

La vraie liberté c'est de comprendre que notre vie n'a pas de valeur dans le sens où nous ne sommes que l'instrument d'un processus si vaste qu'on peut entièrement s'y reposer. Quand je me regarde dans un miroir, j'y vois une succession infinie d'ancêtres, de causes et d'effets. Ce torrent qui continue à travers nous.

Dans le Tao Te King il est écrit : "Tous sont effarés, moi seul divague sans savoir ce que je fais ici." Voilà la sagesse ultime. Reconnaître qu'on n'est qu'une barque vide dérivant sur le torrent.

Cette semaine on a failli perdre notre chienne. Grâce aux copains elle a pu être soignée, une piqûre, quelques heures de repos, et la voilà repartie pour quelques années. On a remonté la pendule. La machine est relancée.

La vie est précieuse, pas parce qu'il faut la préserver, mais parce qu'on est éveillé dedans. Sentir le coeur battre, le vent sur le visage, le fou rire qui fait vibrer jusqu'aux jambes. Ça n'a aucun sens, et pourtant c'est ça vivre.

Le Dudeisme c'est cette capacité à ralentir suffisamment pour se dire que finalement y'a pas grand chose d'urgent. Je passe le plus clair de mon temps à courir sans raison, à vouloir terminer chaque chose le plus vite possible. Ce qui est complètement con.

Un des secrets du Dude, c'est d'être OK là où il se trouve. Il ne cherche pas à échapper au torrent. Il est là, laisse les choses couler. Il Abide, et il prend easy.

C'est simple sur le papier. En vrai ça demande une sacrée dose de rien à foutre.

Ralentir. Take easy. C'est la clé.

Pourquoi j'ai tant de mal à maintenir le cap ? Je connais la voie, je sais ce qu'il faut lâcher, et pourtant je passe le plus clair de ma vie la tête sous l'eau à courir je ne sais où.

Il suffit d'Abide.

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