S’asseoir et oublier

Rédigé par Monk Jean Paul Aucun commentaire
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Cette pratique de méditation existe sous de nombreuses formes et adaptations et dans plusieurs mouvements spirituels.
Le Taoïsme a des atomes très crochus avec le Zen, et nous savons que des taoïstes pratiquaient régulièrement dans les temples bouddhistes chinois Chan et inversement.
D’ailleurs il suffit de lire le Shobogenzo de Dogen pour être saisi par ce besoin de distinguer la pratique Zen et du Taoïsme.
Cela témoigne de la similitude entre deux chemins philosophiques et pratiques pointant finalement une même voie ultime. Ces deux chemins finiront par créer deux religions ritualisées aux buts différents, au risque de s’éloigner de la simplicité philosophique initiale.
Comme l’explique Ray grigg dans son excellent ouvrage « Tao of Zen », pour lui le Zen est bien plus taoïste que bouddhiste dans son essence.
Et je partage grandement son analyse.

Retour au sujet initial... je vais donc parler de la méditation Taoïste assise qui consiste à s’asseoir et oublier, ou même s’asseoir et s’oublier. S’unir au Tao.

Il s’agit en fin de compte de la pratique de Zazen, en y enlevant la rigidité de la posture et les rituels.
Ainsi toutes postures confortables est acceptable ici, puis si des douleurs apparaissent il suffit de se lever et de continuer la pratique en marchant ou allongé.
Aucune violence dans la méditation taoïste, aucune lutte, aucun but.
D’ailleurs s’allonger et oublier, marcher et oublier me semble également la bonne définition de cette méditation refuge sans limite et disponible à chaque instant.

Une fois la posture trouvée, il suffit de concentrer son esprit sur un sujet quelconque : compter ses respirations, réciter un mantra, écouter les sons etc. pour l’apaiser.
Quand l’esprit devient paisible on peut lâcher peu à peu la technique et observer, jusqu’à l’oubli du soi et l’émergence de la paix profonde.

Voici en bref, la différence entre l’approche de la pratique du Bouddhisme Zen et du Taoïsme :

Quand un Bouddhiste pratique la méditation assise et que la somnolence le guette, il renforce sa concentration et son attention.
Quand un Bouddhiste pratique la méditation assise et que la douleur aux jambes surgit, il renforce sa concentration et son attention.

Quand un Taoïste pratique la méditation assise et que la somnolence le guette, il en profite pour faire une pause, dormir un peu et reprend plus tard.
Quand un Taoïste pratique la méditation assise et que la douleur aux jambes surgit, il se lève et va marcher un peu.

L’important dans la méditation est de cultiver la détente, la paix, la douceur de vivre et la légèreté.

Cet élan de tranquillité se diffuse ainsi naturellement dans la vie quotidienne, sans forcer.

Dans le Taoïsme, nous ne cherchons pas l’éveil, ni même un éveil involontaire, ni soudain.
Nous cherchons simplement la tranquillité, c’est pour cela que des maîtres bouddhistes ont qualifié la pratique taoïste comme incomplète car pour simplifier on se contente de samatha, de la paix de l’esprit, là ou un bouddhiste y voit la première marche vers l’éveil et l’obtention de la vision pénétrante.

Ce ne sont que des concepts, que des mots, le taoïsme embrasse l’état, le processus tel qu’il est, sans se soucier du pourquoi, ni s’efforcer à saisir les rouages du monde.

Qu’en est-il du dudéisme ?

Pour moi le dudéisme est simplement le nom d’une pratique moderne du taoïsme philosophique.

Photo Merci @annetnavi

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