Vivre, vivre avec le mystère, l'ultime réponse du Dudéisme

Rédigé par Monk Jean Paul Aucun commentaire
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Attention : Ébauche en cours de correction, cela peu prendre plusieurs jours. Le contenu est encore "brut de frappe"

Des années de recherche

Après des années de recherches spirituelles, des heures passées sur un coussin je n'ai fait que creuser et tomber sur une infinité de questions.

Je n'ai pas connu un grand éveil spectaculaire, mais j'ai réussi à faire pas mal planter mon cerveau et atteins divers états que je ne pourrais pas vraiment décrire. Ce que je peux dire, c'est que toutes ces expériences ne sont que des effets psychiques à force de s'user dans la méditation et autre.

J'ai compris que notre mental ne sait pas s'arrêter de chercher mais on peut lui donner deux réponses :

- La première lui dire qu'on est un bout d'une plus grande chose et que notre vrai nature c'est d'être ce tout.
- La seconde : Nous ne sommes rien, une manifestation, un assemblage éphémère, nous sommes limités et avons une durée de vie déterminée.

Le "je" existe dans le contexte du soi et de l'égo. Il est crée et maintenu grâce à notre mémoire et d'autres mécanismes complexes que je ne maîtrise pas. Le "je" n’a rien de fictif. Le « Je » existe bel et bien, il existe tant que la machinerie mentale fonctionne.
Avec du recul on peut dire que ce « je » n'est qu'une construction, un assemblage tout comme mon corps est un assemblage d'autre éléments.
Tout est assemblage, c’est le niveau de loupe qui permet de choisir l’ensemble ou la granularité du sujet.
Avec encore plus de distance on voit que tout est interdépendant, et que la frontière entre ce qui me compose, me maintien en vie peu devenir très flou.
Ainsi il faut considérer cette réalité à plusieurs niveau, le « je » et ce « vide » ou ce « non-je ». Intellectuellement on peut assimiler sa « vrai nature » au néant ou au grand tout, c’est juste comme considérer le verre à moitié vide ou à moitié plein. La vacuité ne veut pas dire autre chose, la vacuité est un mot qui sert à qualifier cette ambiguïté sans la trancher, nous sommes à la fois vide d’essence individuelle car composé de tout, mais de cet assemblage il y a bien un « je » qui prend naissance pour un temps puis qui va s’essouffler et retomber dans le non-être, la non distinction. Je pense qu’il ne faut pas tomber dans l’erreur de considérer le « je », l’égo, comme une illusion, car c’est notre réalité et notre angle de perception de celle-ci. Il faut voir et embrasser les différents niveaux de lecture de la réalité. Il faut voir que la réalité est composée d'interdépendances, qu'elle est unité totale mais qu'il y a aussi naissance d'individualités, de formations éphémères, des vagues de vie dont on peut témoigner de leur existence. L'articulation, les interconnexions entre ces deux concepts n'ont pas de frontière, ni de pourquoi. Notre de vrai nature, ne peut pas être tranchée.
Si on tranche pour le "je" et le "sois", alors on omet le fait d'être un composé interdépendant.
Si on tranche pour être "le bruit de fond", le "support", le grand tout, alors notre "Individualité" se dissout mais on tombe aussi dans l'ignorance du "je", du "soi" et de l'égo qui est le support de notre vie et conscience actuelle.
Notre "vrai nature" est d'être une émanation, d'une chose qui nous dépasse.
A la fin de ma vie, "je" ne sera plus, "je" n'ai pas nature éternelle sur quoi m'appuyer.
Néanmoins, les éléments qui ont permis de me composer, de ma manifester vont donner forme à une autre manifestation.
Ainsi nous devons embrasser cette double essence, car intellectuellement nous ne sommes pas câblé pour comprendre les choses comme cela.
Si on dépasse l'intellect notamment par la méditation, les concepts, les raisonnements s'effondrent, et l’expérience permet de vivre le "Ce qui est" et de se contenter de vivre.

Les frontières deviennent floues

Plus on prend de la distance plus les choses deviennent, floues.
Plus on creuse, plus on a de questions, plus les réponses deviennent des questions.
On se heurte à notre insignifiance, on se heurte à notre incapacité à comprendre et à concevoir.
Finalement on se heurte à soi-même, au vide, au non-concept.
Un chercheur spirituel court dans un labyrinthe mental.
Imaginez que vous ne connaissez pas le goût « sucré », et que mentalement vous essayez de le saisir, de le comprendre, c’est impossible.
Le mental et ses capacités sont très limitées, il ne sait pas concevoir l’inconnu.
C’est le corps qui est ancré dans le présent, il perçoit une traduction du réel directement par les sens et c'est ce qui nous permet de toucher au non conceptuel.
Le corps permet l'accès à une interprétation du réel.
Le réel est une soupe de nuage, et les sens vont isoler des objets sensoriels , des images dans cette soupe, notre mental va nommer les images et les objets.
Sans le corps, sans l'ego, sans le je, il ne peut y avoir toutes ces problématiques que nous nous posons, car il ne restera que vacuité, que le réel brut.
La réalité ultime ne peut se scinder, la vérité ultime ne peut s'approche car elle est.
(Pour faire un parallèle avec la Kabbale Juive, dans la réalité absolue tout EST, le EST ultime (en sof), Dieu se retirant de lui même pour donner naissance au mouvement et à l’obscurité. Comment la réalité ultime peut se cacher d'elle même ? La réalité est cachée par elle même dans l'esprit de l'homme et l'homme recherche intellectuellement la non séparation, l'homme quitte le jardin d'Eden par la connaissance, et l'homme cherche à retrouvé Dieu, revoir le réel. C'est dans l'esprit de l'homme, que la séparation avec Dieu se fait, c'est dans la prière et l'amour du divin que le EST retrouve la non-séparation. On retrouve un conceptualisation et une imagerie différentes mais cela explique le même ressenti.). Mais nous, nous souhaitons des réponses au travers de nos conditions humaines, des réponses concevable intellectuellement.
Alors il faut se contenter d'approcher le réel, car dans le réel l'angle d'observation du "je" ne peut pas être maintenu car il biaise l'observation.
Nous vivons au travers d'une traduction sensorielle du réel, mais c'est toujours le réel, il n'y a qu'une seule réalité.
Nous évoluons totalement dans le vrai, il n'y a rien de plus, par contre nous ne sommes pas en capacité de capter l’ensemble des choses du monde par nos sens, on ne voit et on ne perçoit pas tout, et il faut accepter cette limitation.

Abandonner le chercheur

Le dudésime, permet d'arriver.
Si on laisse la pensée chercher, elle se perd.
C'est peu être ça la conclusion : laisser tomber le chercheur.
Le chercheur qui est en nous, ne sait pas se contenter, il ne sait pas qu'il est vivant.
Le chercheur sait qu'il y a une vérité et la cherche, mais il ne se rend pas compte qu'il est vivant et que c'est ça sa vérité. Il est ce qu’il cherche.
C'est ce qu'apprend le dudéisme : se détendre, prendre la Vie et notre condition humaine comme tel.
La détente est aussi mentale, et consiste à abandonner les Pourquoi, laisser les questions se dissoudre dans l'agitation mentale pour perdre son regard dans les nuages ou sur un petit cul qui passe.
Parfois, le chercheur reprend le dessus et se met à creuser.
C’est comme un chien dès qu’il trouve un os, il va le ronger, à nous de ne pas lui donner d’os.
Ce qui est marrant, avec ce chercheur interne c'est qu'il est "toujours presque arrivé à la vérité", il le sent et se précipite vers d'infinie voies d’éveils.
Une aubaine pour les gourous en tout genre en quête de chercheur à saigner.

Je ne sais rien

Bref, après des années de quête spirituelle je peux affirmer que je ne sais rien, et que je ne saurais jamais rien vivant ou mort.
Par contre j'ai appris à lâcher.
J'ai appris laisser tomber et en avoir rien à foutre, et pour paraphraser Dogen, j'ai appris à m'oublier.
Je n'ai rien appris d’intellectuel, j'ai appris à lâcher prise sur l'importance du moi, sans pour autant rejeter le l'égo, le "je" ou le diaboliser. Je peux simplement dire rien à foutre de façon assez large.
La vérité absolue me semble banale : nous naissons, nous mourrons comme tout ce qui est.
Les éléments, l’énergie qui nous compose et anime ne sont que de passage. Nous sommes du vent qui a conscience d'être du vent et qui aimerai être éternel. On peut s’assimiler à l'air pour se rassurer mais aussi simplement accepter d'être une manifestation éphémère.
On peut se raconter l'histoire qu'on veut : vacuité, tao, néant, grand tout et on s'en tape pas mal.
L’histoire n’a pas d’importance, elle n’a de sens que pour notre tête, alors trouvez votre histoire.

Une réponse

Dans le dudéisme on apporte une réponse au chercheur,
Elle est vraiment simple : détends-toi et vie.
Laisse tes questions, laisse le chercheur se créer des nœuds, de toute façon il se trompe et les réponses le dépasse.
De mon côté, en lisant les philosophes etc. je me rend compte à quel point l'homme peut se perdre dans sa tête et aller trop loin dans les concepts.

Il n’y rien à chercher, et l’éveil c'est comprendre qu'on est en train de passer à côté de sa vie en poursuivant des questions qui n'ont aucune utilité dans l'absolue et sûrement aucune réponse accessibles.
Chercher des réponses avec sa tête c’est comme essayer d’expliquer l’électricité à une fourmi.
On passe à côté de sa vie en cherchant l'extraordinaire alors que la réalité est notre vie quotidienne.
Curieusement il semble qu'il faille passer quelques années à parcourir des idées, à méditer, à étudier et d’autres transes psychiques pour comprendre que sa tête est un gros foutoir, une machine à penser qui cherche par tous les moyens de tout expliquer, rationaliser.
Nous avons curieusement besoin de positionner notre « je » dans les interactions du monde, or ce « je » existe seulement dans notre tête. Nous essayons d’articuler le monde autour du « je » et de l’individualité de tous or ce n’est qu’une infime manifestation face à la soupe cosmique qui compose ce qui est.
Il ne faut pas rejeter le « je », mais comprendre que le mental va chercher à rationaliser et percevoir le monde pour y maintenir le « je ». Ce n’est donc pas au travers des mécanismes mentaux qu’on peut accéder au présent mais par l’acte de vivre en reconnaissant le rôle et les limite du mental.

L’eveil, la non-vérité comme absolu

Dans mon sens l'éveil, consiste à vivre.
A prendre le "je ne sais pas", comme la vérité absolue, d'accepter le "je", d'accepter le "tout" mais de ne pas chercher à expliquer, ni à y apposer de concept.
La vie est bien trop belle et trop courte pour la passer devant un mur ou se casser la tête dans des pourquoi.
Avec cette attitude l'élan de la recherche se brise, le chercheur se fait plus discret même si parfois il faut encore le remettre à sa place.
Mais on trouve la paix, du moins j'ai trouvé la paix.
Il faut savoir arrêter d'alimenter la machine.

Mot de la fin

Si je devais refaire tout le chemin parcouru aujourd'hui,
j'aurai aimé trouvé un texte qui me dise ça, mais en toute modestie je n’aurai pas pu l’accepter sans ces années de recherches et d’égarement.
Je pense que la quête spirituelle fait son travail pour nous préparer à toucher la banalité des choses.
De mon côté je suis passé par le dépouillement de plusieurs strates, comme celle de la magie ou encore du divin. Chaque abandon m’a permis de descendre vers le réel et de m’émanciper des liens.
Je ne sais pas si c’est nécessaire de passer par là, mais je pense que la bonne boussole est la légèreté d’esprit. Un quêteur spirituel devrait prendre la légèreté et la joie comme cap.

T'as vrai nature c'est toi dans ton entièreté, ce que tu vis en ce moment.
La meilleure façon de vivre la vérité du monde, c'est de se donner du temps pour apprécier chaque instant.
Le chercheur ne peut pas comprendre la paix.
On peut vivre avec l'absence de réponse, on peut vivre avec le mystère comme réponse.

Le mystère

Je pense que la réponse, la paix taoïste consiste à accepter le mystère comme étant la vérité absolue et y apposer un nom : Tao.
De ce vide, de ce mystère naît les dix milles choses, et nous somme une de ces choses composée de mystère.

Pour le reste, détends-nous et apprécions le voyage, il est court et bref.
Nous sommes insignifiants, sans utilité individuelle, des chiens de pailles.…

Quelle chance !


Je peux rire et goûter l'ivresse d'une vie autant miraculeuse qu'insignifiante.
La quête terminée, c'est la disponibilité et l'ouverture qui s'offre.
Embrasse le mystère, désarme ton intellect, écoute le corps et prends un bain d'ignorance.

Abide.

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