Si tu penses saisir le Tao, tu es déjà trop loin.
L’ego s’accroche à tout, ou du moins reflète tout.
Le concept de non-séparation est bien plus vaste que tu ne l’imagines.
Si tu cherches à te sentir uni, tu es déjà loin.
S’oublier, c’est couper la racine du penseur et du chercheur.
La pratique consiste à déraciner le support.
Cela s’effleure dans les instants suspendus de la vie :
- quand un enfant rit ;
- quand un nuage passe ;
- dans le bruit du vent ;
- une douce ivresse en offrande à la lune ;
- ou dans les premières gouttes de pluie.
Cette union où tout s’efface est la porte sans seuil.
C’est profane, d’une simplicité enfantine, et pourtant un abîme insondable.
Tout le monde cherche à l’extérieur, pourtant tout est déjà là.
Ni richesse, ni pouvoir, ni avoir ne peuvent toucher cette plénitude.
L’extinction de la soif.
À ce point, les mots tombent, les voies se mêlent, et sans bien savoir
ni comprendre ce qui se passe, tout devient pourtant clair et certain.
Rien à chercher : quand la vie est embrassée dans l’instant, la mort se dissout, l'immortel Tao coule.
« Au temps, suspends ton vol » prend ici tout son sens.
Dans le Tao, les choses sont simples : Assieds-toi, et oublie-toi.
De là, tout est parfait. Les mots tombent, le souffle s’installe,
les sons traversent.
La vraie magie ? le miracle ? Bien que la coquille soit vide, un cœur rayonne.
Peut-être parce que le Bouddha n’avait ni enfant, ni taff,
ou tout simplement parce que je suis faible…
mais j’ai encore lâché.
Suis je le plus grand menteur du monde.
Ou le plus sincère. Qui sait ?
Ce monde est fou, avide, et… je me sens si faible face à tout ça.
Je crache sur rien, ni personne. Je fais comme le Dude :
j’essaye juste de pas être un connard.
La vie est belle.
Éternel « rebelle », je me laisse porter,
sans personne pour me dire qui je dois être, quoi dire, quoi faire…
sans préceptes.
Le bilan ?
Bouddhiste ? Trop de mots, trop humain, j'ai découvert la paix de s’asseoir et s'oublier, d'une vie simple, sans prétention de perfection, dans la détente et la modération
Contrairement à beaucoup, je suis lucide :
demain je vais crever.
La sucrerie de la vie, c’est que je sais pas encore comment :
un cancer ? un accident ? une maladie ?
ou un gars fracassé à qui j’aurai grillé la priorité à droite ?
Qui sait ?
J’ai essayé d’être un saint.
Raté. J’aime trop rire, boire, danser, manger…
et profiter de la vie.
Parfois je me rachète, et me rassure un peu en prenant refuge dans le bouddhisme, j'apaise mon esprit. Mais n'est-ce pas seulement une autre forme de fuite ?
Au fond de moi, le sourire vient
en écoutant les Gipsy Kings à fond, pas le cul sur un coussin.
Si la maladie me fauche demain, je suis heureux.
J’ai déjà accompli ce que je voulais :
me libérer des diktats de la société et du conditionnement.
Je vais suivre le Tao, le Dudéisme, porter ma lanterne comme Ikkyu
Je suis juste un humain,
qui essaye de porter les choses
sans sombrer dans les travers et les problèmes psychos
qui hantent 80 % de la population :
moi, moi, et encore moi.
Si on posait les chiffres, on serait abasourdis
par le nombre d’êtres, de plantes, de choses
à qui on a ôté la vie pour que nous puissions vivre, grandir.
Mon corps est un tas composé d’eau, des éléments et de vie d’autres choses.
Rien ne m’appartient, ni la vieillesse, ni la santé, ni mes pensées.
Mon « moi » surgit du hasard des connexions neuronales,
et je fais semblant de maîtriser quelque chose.
Quand je ne suis pas endormi par mes pensées,
je suis un peu lucide, et je me dis :
Ok, je vais gérer un peu mes émotions
pour éviter de faire du mal autour de moi.
Ça, c’est le Dudéisme :
être autant que possible un « gentil ».
Pourquoi ?
Parce que c’est TELLEMENT facile de penser qu’à soi
et d’être un connard.
Le Dudéisme pourrait se nommer
le « gentillisme non naïf », et c’est déjà un bon challenge.
Ça veut simplement dire :
tâcher, dans notre courte vie,
de respecter la vie des autres
sans sombrer dans la naïveté.
Le Dude l’accepte :
quand les nihilistes veulent en découdre, il dégaine son tai chi,
et Walter arrache l’oreille.
Faut pas déconner.
Quand je regarde autour de moi, je vois que tout le monde vieillit.
Et parfois je regarde le miroir :
j’y ai vu tour à tour un ado, un jeune adulte…
et maintenant, des cheveux blancs.
La vie passe vite, bordel.
Bref…
Je sais pas trop quoi raconter finalement,
à part que j’embrasse le Tao.
Le Bouddha ?
Trop dur pour mon âme damnée.
Je vais me contenter de me laisser porter,
de distribuer un peu de joie,
et de partager des coups à boire (avec modération, évidemment), de danser et de rire
Si demain la mort vient me faucher,
je dirai : pour ma prochaine vie, laisse-moi un mode d’emploi.
Et s’il y en a pas, fais-moi rencontrer le Dude,
apprends-moi à surfer sur le Tao.
Je sais pas qui tu es,
si t’aimes ce que j’écris.
Mais si ça t’aide, tant mieux.
Je veux rien : pas de like, pas d’argent, rien.
Juste que tu lâches prise,
et que tu profites des années qu’il te reste à vivre.
Le bonheur se trouve partout :
dans le travail, dans les petits moments, dans tout.
Si tu suis la voie du Bouddha, tu prendras un masque.
Étudie le Bouddhisme pour comprendre comment fonctionne ton esprit,
et ton état conditionné…
puis embrasse le Zen, laisse finalement le Tao tuer le Bouddha
et enfin, vie pleinement ta vie.
L'éveil ? Ou pas… peu importe
Je trace ma route, le bonheur et la paix sont là,
Dude, sert moi un white russian et allons jouer au bowling !
Quand on écrit des livres, on laisse des traces et des pièges.
Ce blog est farci d'idées déjà mortes et obsolètes.
J'en suis désolé, et ne m'en voulais pas.
Je suis passé à d'autres choses, et pire, parfois j'y reviens !
N'essayez pas de tirer un fil, une trame ou une constance de ce blog, ou pire de me "suivre".
Tout cela n'est qu'un vent instable d'idées soumises à l'état conditionné des choses, un tas de fumier de plus, dirait un maître Bouddhiste Chan.
Seul l'enseignement oral spontané est utile, car il est périssable et ricoche dans l'esprit de l'auditeur.
L'auditeur se l'approprie, prend ce qu'il aime, et oublie naturellement le reste.
Les graines et idées maturent et donnent naissance à ses propre plantes à lui dans son esprit.
Des fous on scellés les enseignements du Bouddha dans des livres, et ont ainsi tué le Dharma.
Et heureusement qu’ils l’ont fait, c’est bien utile, mais il ne faut rien prendre au sérieux dans ces tas de mots.
L'enseignement oral n'est pas fixe, et donc n'emprisonne pas l'enseignant à rester figé sur des positions ou des idées.
Il n'est pas engagé, comme avec un livre, à recracher inlassablement les mêmes choses, à assurer une cohérence sur la durée.
Bouddha le dit : "Tout change", et lui-même a changé de disque et de version au fil des années.
On a trouvé l'excuse qu'il s'adaptait à son auditoire, etc...
Peut-être bien, mais à mon humble avis, il a simplement changé de point de vue sur des choses.
Les livres sont autant utiles que dangereux, il faut les prendre avec des pincettes.
Tchouang Tseu dit : "Les livres ne contiennent que des idées truquées !"
Et il a bien raison.
J'écris très peu, je brûle, supprime et détruis souvent mes traces.
Je fermais régulièrement ce blog, mais j'ai décidé d'assumer un peu, sur les conseils d'un "ami de bien", comme le dit le Bouddha.
Y’a des gens qui écrivent un bouquin, des lecteurs qui s'y accrochent, ils y trouvent une bouée.
L’auteur, lui, aimerait passer à autre chose.
Sauf que parfois, il va vivre des revenus issus de son livre, des idées qu’il y a mises, de sa notoriété, de ce mouvement de fond qu’il a lancé.
Il se piège !
Mais malgré lui, souvent par vraie bonté, il va s’ancrer dans des idées mortes pour ne pas "tromper" ceux qui ont cru à ses idées.
Finalement, il se retrouve à se tromper lui-même, se piéger, ainsi que ceux qui le suivent, pour maintenir un mirage.
Bouddha l’a dit, et je vais le paraphraser pour rendre la chose vivante : "J’ai dit pas mal de conneries dans ma vie, prenez ce que vous voulez, si ça marche pour vous, tant mieux, sinon laissez tomber."
L’enseignement de Bouddha ne se trouve pas dans les livres, ni dans les mots.
Il se trouve dans chaque souffle, chaque oiseau qui chante, et le bruit de l’eau qui coule.
Bises
Souvent, je mets ce blog hors ligne.
De façon cyclique, je reviens ici et je le relance pour y poster quelques articles.
Pourquoi ces allers-retours ? Le Zen, la foi en Bouddha.
Ma pratique principale, ma béquille, c’est le Bouddhisme, le Zen.
Une pratique assez personnelle, mais avec une vraie foi.
Souvent, je veux faire le grand, le taoïste, m’émanciper.
Alors il me prend l’envie de trancher les liens, de me persuader que je peux voler dans mon propre système.
La vérité, c’est que ça m’est impossible — je suis comme toute ce qui est, conditionné.
Le Bouddhisme m’a limé, poli, peu à peu, jour après jour…
Même si j’ai du mal à l’admettre.
Je ne sais pas si beaucoup de bouddhistes ont ces jours où ils doivent tuer le Bouddha.
Moi, oui.
Il y a des jours où je dois tuer les étiquettes, la religion, les dogmes.
Et je viens ici, je poste un truc.
Mais dans mon quotidien réel, mon cœur est soutenu par une pratique solide centrée sur le Zen.
Je me prosterne, lis des soûtras, cultive l'attention et offre l’encens aux Bouddhas.
Je lis mes maîtres de cœur : Ikkyū, Suzuki, Ryōkan, Santōka, et d’autres.
Quand je pratiquais le Zen, je venais fermer le site — pour ne pas que le poids de mes mots puissent égarer certains.
Je vais donc arrêter de le mettre hors ligne, et laisser les choses couler.
Finalement, c'est peut être ça l'authenticité, assumer les zig zag.
Le Bouddhisme est vaste, et va bien plus loin que les propos de Siddhārta.
La famille est un temple, les enfants sont sacrés, l'union des êtres le sens de la vie.
Soyez votre propre lanterne - Bouddha
Namo Bouddha
Des nouvelles, le temps passe et je change
Je divague toujours, les choses sont de moins en moins nettes et les mots se mélangent.
Je deviens bien incapable de poser un mot sur ma voie spirituelle, j'ai même arrêté d'essayer.
Je suis d’une constante instabilité, comme est le monde.
J’essaye tant bien que mal de maintenir ce que je peux, c’est-à-dire : Ne pas être un connard.
Et c’est de plus en plus difficile dans ce monde où les gens passent leur temps à s’enfoncer dans la médiocrité nombriliste.
Quand je regarde autour de moi, je vois le Zen, je vois Bouddha, Lao Tseu et le Dude.
À part ça, j’ai arrêté de fumer ma pipe occasionnelle de tabac, la nicotine rend con et nerveux. Puis avec l’asthme ça marche pas bien
Fidèle à mes amis du Tao, je m’enivre de vin et de bière (occasionnellement et avec modération), en ce sens je danse plus volontiers avec un Ikkyu et Santoka qu’avec un Siddharta.
Toujours plus j’abandonne l’hypocrisie et mes masques, un travail quotidien, où à chaque instant il faut une lame bien aiguisée pour trancher les illusions et mascarade montante de l’ego.
Bref, je grandis et mais surtout vieillis
Je sens bien que le temps charnière approche, mais je suis paisible.
Pourtant au fond rien ne change, mon mental cogite pour des broutilles, parfois je stresse et le monde est impassible, chien de paille.
Mais au fond, ma présence aux choses se fait de moins en moins sérieuse.
Je me sens réellement comme un ignare au milieu des sachants, mais avec une inversion totale des saveurs où peu à peu le savoir m’ennuie.
Hier, j’ai vu un reportage à la télé où les gens se ruent aux quatre coins du monde pour toucher à la « nature ». En fait pour se prendre en photo et chercher une forme de reconnaissance auprès de leurs amis sur les réseaux sociaux. Ils font semblant d'être heureux, et entretiennent le mensonge. La consommation ne rend pas heureux, les plus beaux paysages du monde, ne peuvent rien pour vous.
C’est manquer sa cible, je ne voyage pas, ma maison, le vent dans les arbres, des brins d’herbes qui dansent au vent. C’est déjà sublime.
Chier sur le monde en avion pour sa quête spirituelle, n’est-ce pas profondément ironique ?
Vous ne pouvez rien saisir ici, vous ne pouvez rien garder, rien toucher, vous êtes coincés dans votre tête. Un mur, un prunier en fleur, un ciel bleu, ou une bouse, peu importe, la clef n’est pas là.
Je n’ai rien à apprendre, ni leçon à donner.
Ajahn Chah parle de désenchantement, et je suis désenchanté mais ce n’est pas un désenchantement triste, c’est simplement un regard pénétrant sur « cela est » qui laisse vite place à un rire.
À un certain moment, on assume de n’être qu’un souffle passager ici, et les mots manquent pour décrire cette paix qui m’inonde.
Malgré ces années de pratique et d’oscillation entre les écoles, rien n’arrive à définir ce que je touche. Qu’importe, je laisse ça aussi...
Mis à part des larmes de joie et d’émerveillement pour ce qu’est la vie, quand la nuit je laisse mon regard divaguer dans les étoiles. Si on s'arrête un peu, la connexion mystique se révèle, en tout simplicité et sans bruit.
Mais peu importe, je suis présent, l’esprit vif et Vivant.
Un an passe, les choses se dépouillent, je prends, je jette, je change mais je maintiens la connexion au Tao.
J’ai rallumé la lumière ici, par compassion et amitié, car je sais que ces quelques mots jetés sur le net font du bien parfois.
En ce moment je plonge dans la Source, le Tao, peu importe les méthodes et ce que vous voulez y coller, cela vous regarde.
Néanmoins je suis profondément convaincu d’une chose.
La vie de famille, les enfants, le bouillon de la vie sociale, contrairement à la voie que propose Siddharta, c’est clairement là, dans cette effervescence que se trouvent la vérité et la paix.
Quitter la vie de famille ne vous fera qu’entretenir une illusion confortable qui s’effondrera à la moindre friction, soyez libre dans l’instant. Tel qu'il se présente à vous.
Comment je le sais ? J’écoute les rires des enfants, et je danse la vie, en l’instant même du contact les doutes s’évanouissent.
À bientôt, peut être.
Et le plus drôle dans tout ça ? Demain je dirai sûrement autre chose, avec la même conviction.
L’Impermanence du soi, drôle d’expérience où beaucoup s’égarent souvent (moi y compris) !