Quand mes masques tombent
La sincérité et l’humilité, voilà le Zen.
Un jour, il est temps de laisser tomber les masques. Tous, ceux des idéaux.
Il faut les trancher et embrasser sa misérabilité.
Ainsi, j’ai tranché le sage, le moine, le taoïste, et j’en passe, couche après couche.
Que reste-t-il ? Une vue aiguisée et tranchante, et de l’amour.
Comme une moule sur son rocher, je me suis fixé, contre les vagues de l’ego, sur le refuge : le Bouddha.
Ce n’est pas beau, ce n’est pas magique, ce n’est pas un miracle, ce n’est pas un éveil.
C’est simplement une conséquence : j’ai vu que le bateau dérivait sans cesse.
Le bouddhisme est une ancre : on la jette, et soudainement, malgré les tumultes des marées et tempêtes, le navire branlant reste ancré, loin des mensonges de l’esprit.
Depuis quelque temps, un miracle s’est produit.
Je ne bascule plus, je ne me laisse plus emporter, un puissant rien à foutre : j’embrasse tout.
Non, je ne suis pas un moine, encore moins un ascète.
Je suis cette sorte de bouddhisme vivant qui embrasse la vie, et le Bouddha dans le bouillonnement du monde.
Aucun masque, aucune hypocrisie, je ne rejette rien de cette vie : ni la chair, ni la souffrance, ni l’alcool.
Ancré dans le réel et notre condition, sans centre, tout est clair.
En moi, rien n’a changé. Le mental continue à creuser et à s’enterrer sous les concepts et sa quête sans fin de sens. Pourtant, je ris, je savoure chaque instant.
Le Tao ou le Zen ?
Le Zen n’a jamais rejeté le Tao. Le Bouddha dit : « ceci est, car cela est. »
Qu’est-ce que le Tao ? Ce bouillonnement, ce flux de vie, ce mystère.
Que dire ici ?
Arrêtez de vous rendre les choses compliquées.
Si tu essayes de pratiquer le bouddhisme, tu en es loin.
Tout acte forcé, même si les mérites sont bons, est déjà une surcouche inutile.
Pisser est bien plus sacré que de s’asseoir sur un coussin en dressant sa colonne comme un coq cherchant à se prouver quoi que ce soit.
Le premier obstacle est le nombril.
Le second ? La certitude.
Le Dharma est une montagne impassible vous regardant agoniser, les jambes brisées, après une mauvaise chute dans un ravin.
Le bouddhisme, c’est brûler joyeusement l’histoire qu’on essaye d’écrire dans notre vie.
Bouddha n’était pas un bouddhiste.
Siddharta a déconné sur bien des points, et c'est normal, c’était un être humain comme nous tous.
Et pourtant, il a transmis la vue juste, il a transmis le chemin, il a transmis l’accès au réel. Il a révélé le Bouddha, proposé un chemin.
Un dernier conseil : si vous cherchez à être un saint, vous serez un saint.
Si vous vous dépouillez de vos mensonges, il ne restera que Bouddha.
Puissent tous les êtres se libérer à leur nature véritable.
Reveillez vous, bon sens ! La vie est si brève !


