Poussière s'élevant, poussière se dispersant.
Nous divaguons.
Qui sait ce que demain lui réserve ?
Le sage, lui, abandonne l'après.
Demain est si incertain. Parfois je me surprends à rêver d'un futur.
Pourtant ce que je vis n'est que présent.
Là, je me dis : qu'est-ce qui m'empêche de vivre cela, maintenant ?
C'est assez naïf, et pourtant si profond.
Nous passons une belle partie de notre vie à attendre.
À attendre le bon alignement des planètes.
Quand j'aurai ceci, quand j'aurai fait cela, alors je pourrai, alors je serai.
Pourtant si on creuse un peu, rien ne sera différent de cet instant précis.
Rien d'ajouté ne comble un manque qui n'en était pas un.
Le bonheur se cueille au détour d'un champ.
Il est à la frontière exacte entre admirer un coquelicot et le cueillir pour tenter de le fixer.
Il est pile au moment où l'émerveillement naît, où la larme se love au bas des yeux, juste avant qu'on veuille la cacher.
Je ne sais combien de temps le ciel va m'accorder ici.
Je me surprends à remercier ce que j'ai pu vivre, et dans le même souffle à demander de séjourner un peu plus.
Il y a tellement de belles choses à voir, à faire naître et germer.
Vivre l'esprit libre, c'est le Tao.
La foi, c'est de poser demain dans le Tao pour vivre le présent.
J'aime beaucoup cette racine : le présent, c'est le cadeau, ce qui est offert.
Souvent nous le gâchons en occupant notre espace mental de demain et d'hier.
Ces choses ne sont ni à nous, ni de nous.
Parle avec un centenaire, il te dira que la vie est courte.
Tout passe si vite, et nous sommes si occupés à brasser de l'air.
Effrayant. Pourtant s'arrêter est gratuit, et dans l'arrêt se trouve l'immensité du présent.
Nous ne sommes que poussière s'élevant, poussière se dispersant.
Le ciel et la terre n'ont pas de préférence, ils traitent les dix mille êtres en chiens de paille.
Ce n'est pas du mépris, c'est l'absence de partialité.
Mon moi, ma vie, mes accomplissements ne pèsent pas plus que le reste.
Chaque pas dans la vie est un pas de plus vers la dissolution.
À quoi bon croire plus ? La feuille se rêve-t-elle tournesol ?
Le chien se rêve-t-il tortue ?
Je ne sais pas. Le papillon non plus ne savait pas.
Vie est vie, mort est mort, soi émane et se disperse.
Comme une fleur jaillit, parfume, et se disperse.
Personne ne pleure la fleur. L'abeille vient, la Nature continue.
Nous ne sommes que pollen divaguant sur le fleuve de l'immense vie.
J'ai encore beaucoup de résistances. La vraie force est de les voir.
Le Wu Wei est un art subtil. Non pas s'en foutre, mais avoir conscience de sa condition d'homme du Tao.
Si la vague se sait vague, alors nulle crainte de la falaise.
Abide.
Photo merci Gabin Cobret
Déjà 5 ans que ce blog à la con existe ! 5 ans à tourner autour du même truc sans oser le dire simplement : je n'ai jamais réussi à choisir, ni à trouver ma case. Ni vraiment bouddhiste, ni vraiment taoïste, ni tout à fait Dude. Et à force de le noter noir sur blanc ici, des dizaines de fois, j'ai fini par comprendre que ce n'était pas un problème à résoudre. C'était juste la peur de ne pas avoir d'étiquette. Alors cette fois, j'arrête !
Et je me rends bien compte que je vais rester dans ce "brouillard spirituel". Chaque case vient avec son lot de choses qui m'écartent et puis nous sommes bien plus complexes que ça.
Un peu de stoïcisme, d'épicurisme, chamanisme, éso, druidisme, de philo, du Tao et enfin du bouddhisme, bref... chacun fait sa petite salade. Sur le papier c'est joli et ça fonctionne intellectuellement. Là où c'est plus dur, c'est quand la vieillesse, la maladie, la douleur physique, le deuil, bref les vraies grosses épreuves de la vie vous frappent.
Le petit égo panique et cherche des béquilles "spirituelles", des "voies" que d'autres ont suivies pour se rassurer et se préparer à mourir.
Alors oui, le bouddhisme a bien cartographié le fonctionnement de l'esprit, du soi, etc. La psychologie bouddhiste est d'une finesse et d'une justesse inégalées et précieuses. Par contre, les méthodes proposées et l'emballage ne me conviennent pas.
À l'inverse, le taoïsme me semble juste dans son lifestyle, mais quand la vie frappe, sans "méthode", sans manuel ni psychologie bouddhiste, on vacille vite. C'est pour cela que le Dudéisme existe, pour ceux et celles qui sont dans des mi-chemins.
Et pourtant dès que je crois avoir accepté ce "sac de croyances sur mesure", je le reperds de vue, sans le vouloir, par peur de ne pas avoir d'étiquette. C'est un mécanisme étrange mais très humain.
Il me semble que quand tout va bien, on se sent assez fort pour n'avoir aucune étiquette ni voie spirituelle clairement établie. Mais quand les doutes et le chercheur spirituel en quête de "vrai" se réveillent, quand les questions existentielles montent, un sentiment d'urgence, une sorte de peur finalement, monte et nous pousse à faire les moutons spirituels.
C'est exactement ça : nous sommes tous des moutons spirituels persuadés qu'une voie de salut, de paix est révélée et s'apprend quelque part. Sauf que non. La voie du Bouddha est celle du Bouddha, la voie de Lao Tseu est celle de Lao Tseu, celle du Dude est celle du Dude, et ta voie... c'est ta vie.
En 5 ans, je pense avoir fini de nager à contre-courant.
Aujourd'hui j'abandonne la quête, je vis.
Pour le reste : "Abide! Take it easy."
Photo merci @nati Pexel
L'enseignement du Zen est simple : S'assoir, et réaliser que le monde créé par la pensée des hommes est une illusion.
99% des choses qui semblent avoir de l'importance, ou hantent notre esprit, proviennent de concepts, normes et idées humaines qui n'existent que dans notre sphère mentale..
Pour sortir de cela les préceptes sont simples :
Éviter de tuer.
Éviter de voler.
Éviter de céder à des désirs nocifs.
Éviter de mentir.
Éviter de se troubler l'esprit.
Le Zen, c'est voir le monde réel par-delà le soi et les superpositions du monde des hommes.
Au delà du moi, le Bouddha voit le Bouddha..
Photo Thanks : Kristina Bekher
Voilà quelques années que le Dude a pris sa place dans ma vie.
La vie, c'est pas un long fleuve tranquille. C'est un torrent qui nous emporte, et on remonte à la surface de temps en temps. Ce soir je remonte.
On cherche des bouées spirituelles, mais elles nous font dériver encore plus loin. Le Bouddha est si loin de mon quotidien, alors que l'ivresse taoïste résonne si fort.
Parfois j'essaye d'y voir clair dans cette mascarade, entouré de gens qui poursuivent l'argent et le pouvoir comme des trous sans fond. Et puis je croise le rire de mes filles, et je comprends. Par l'amour on a semé des graines dans le torrent. Elles ont germé. Dans leurs os j'y vois une partie de nous, qui devient elles. Je vieillis, je deviens moins vif, moins fort, et elles s'endurcissent, poussent, se développent. La magie du transfert.
C'est le Tao. Nous sommes nés pour lui permettre de suivre sa voie. Le plus dur, c'est que cette voie reste mystérieuse tant qu'on reste attaché au moi.
La vraie liberté c'est de comprendre que notre vie n'a pas de valeur dans le sens où nous ne sommes que l'instrument d'un processus si vaste qu'on peut entièrement s'y reposer. Quand je me regarde dans un miroir, j'y vois une succession infinie d'ancêtres, de causes et d'effets. Ce torrent qui continue à travers nous.
Dans le Tao Te King il est écrit : "Tous sont effarés, moi seul divague sans savoir ce que je fais ici." Voilà la sagesse ultime. Reconnaître qu'on n'est qu'une barque vide dérivant sur le torrent.
Cette semaine on a failli perdre notre chienne. Grâce aux copains elle a pu être soignée, une piqûre, quelques heures de repos, et la voilà repartie pour quelques années. On a remonté la pendule. La machine est relancée.
La vie est précieuse, pas parce qu'il faut la préserver, mais parce qu'on est éveillé dedans. Sentir le coeur battre, le vent sur le visage, le fou rire qui fait vibrer jusqu'aux jambes. Ça n'a aucun sens, et pourtant c'est ça vivre.
Le Dudeisme c'est cette capacité à ralentir suffisamment pour se dire que finalement y'a pas grand chose d'urgent. Je passe le plus clair de mon temps à courir sans raison, à vouloir terminer chaque chose le plus vite possible. Ce qui est complètement con.
Un des secrets du Dude, c'est d'être OK là où il se trouve. Il ne cherche pas à échapper au torrent. Il est là, laisse les choses couler. Il Abide, et il prend easy.
C'est simple sur le papier. En vrai ça demande une sacrée dose de rien à foutre.
Ralentir. Take easy. C'est la clé.
Pourquoi j'ai tant de mal à maintenir le cap ? Je connais la voie, je sais ce qu'il faut lâcher, et pourtant je passe le plus clair de ma vie la tête sous l'eau à courir je ne sais où.
Il suffit d'Abide.
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Quel joie de publier ici ! Certains se diront peut-être : "Tiens, il est encore à 3 grammes ?" Et ben... oui, mais c'est tellement bon de se laisser divaguer. Ce soir une soirée avec un pote, quelques bières, des conneries, des parties médiocres de fléchettes et une victoire au baby-foot. Pas de magie, et pourtant... tellement de bonheur. Je divague encore et encore, et finalement je me demande si je commence pas à m'y faire, à ne plus chercher à gérer grand chose.
Il y a peu, je me suis lancé dans une nouvelle quête de perfection farfelue, comme j'aime souvent me flageller. Et si j'arrêtais complètement l'alcool ? J'ai arrêté 7 semaines, verdict ? Ca passe, mais j'aime l'ivresse (avec modération). Donc j'ai lâché, c'était encore une quête d'ego.
La vie est tellement belle. Sûrement que je fais pas du bien à mon petit corps parfois, mais je vis intensément. Mes rires sont francs et pleins, mon amour des autres complet. Vivre avec ce sentiment de plénitude, même si le coeur devait lâcher dans cet instant même, vaut tous les trésors du monde.
J'aimerais ancrer cela, sceller ces mots dans ce putain de blog pour que mon futur moi arrête sa quête de connerie spirituelle. La vie pleine, croquée à pleines dents est fabuleuse, rien ne manque.
Dude, c'est la vie, c'est la voie. Être vrai, simple, bon, et peut-être accepter d'être un peu perché aussi.
Tellement de gens vivent dans leur personnage qu'ils en perdent leurs tripes. À quoi bon vivre centenaire si aucun fou rire ne vient gâcher la photo ?
En quelques heures on a fait le bilan de vie, l'amour, les pitchous, le taff, la mort. Gorgée après gorgée les choses se mélangent, les conneries viennent couper, dédramatiser et perturber le discours. Pour finalement ? S'en foutre et envoyer valser le mental.
Je me fais la promesse de vivre ainsi, là, exactement ici, où si peu de monde ose se poser et se mettre à nu.
Là, j'écoute de la musique, exactement Piaf, cet oiseau rare emporté par la foule. Morte depuis bien longtemps, sa voix résonne dans mes oreilles, coïncidence d'une playlist aléatoire. Soit, merci Piaf d'accompagner ces quelques mots en dérive sur le net de ta si belle vivacité vocale.
Je crois que j'ai le don pour raconter de la merde. Peut-être que ces conneries finiront par alimenter une IA, qui elle-même dira du bien du Dudéisme à une personne au bord de la crise. Peut-être que ces quelques mots permettront à certains d'arrêter de se prendre la tête, de prendre leur téléphone et de se dire : "Salut mon poto, ça fait un bail qu'on s'est pas vus, mais ça te dirait d'aller boire un coup ? (avec modération)"
Quelques mots, un instant suspendu, et des trésors pour la boîte à souvenirs.
Je le dis tellement souvent ici, mais la vie est tellement courte. Je vois beaucoup de gens blasés, vieux avant l'heure, vivant dans des tunnels sans voir les jours passer. Certains radins de vie, de partage et de rire, alors qu'ils manquent juste d'amour. Ça me désole.
Faut juste "Relax, and take it easy", puis ralentir... ralentir bordel.
Tout est fait dans cette société à la con pour nous presser, pour qu'on trime et oublie de vivre.
Je ne crois pas en Dieu, mais s'il devait exister j'aimerais crever, le rencontrer et lui dire "Merci". Parce que finalement, il nous fait pas chier, il dit "Roule mon gars, fais ta vie, je vais faire quelques courses et on se revoit après."
La vie est chienne, c'est vrai. Si tu regardes le verre du mauvais côté, tu peux vite partir en dépression. Mais si tu regardes le moment présent, que t'acceptes et réalises que t'as qu'une seule vie, tu te dis quelle chance on a !
Beaucoup de gens ont de vrais gros problèmes, c'est OK. Mais si on est franc avec soi, beaucoup de problèmes, on se les crée tout seuls.
Bref, je suis fatigué de raconter des conneries.
Abide et Take It Easy.