Quand mes masques tombent

Rédigé par Monk Jean Paul
Classé dans : Non classé Mots clés : aucun

La sincérité et l’humilité, voilà le Zen.
Un jour, il est temps de laisser tomber les masques. Tous, ceux des idéaux.
Il faut les trancher et embrasser sa misérabilité.
Ainsi, j’ai tranché le sage, le moine, le taoïste, et j’en passe, couche après couche.

Que reste-t-il ? Une vue aiguisée et tranchante, et de l’amour.

Comme une moule sur son rocher, je me suis fixé, contre les vagues de l’ego, sur le refuge : le Bouddha.

Ce n’est pas beau, ce n’est pas magique, ce n’est pas un miracle, ce n’est pas un éveil.
C’est simplement une conséquence : j’ai vu que le bateau dérivait sans cesse.
Le bouddhisme est une ancre : on la jette, et soudainement, malgré les tumultes des marées et tempêtes, le navire branlant reste ancré, loin des mensonges de l’esprit.

Depuis quelque temps, un miracle s’est produit.
Je ne bascule plus, je ne me laisse plus emporter, un puissant rien à foutre : j’embrasse tout.

Non, je ne suis pas un moine, encore moins un ascète.
Je suis cette sorte de bouddhisme vivant qui embrasse la vie, et le Bouddha dans le bouillonnement du monde.

Aucun masque, aucune hypocrisie, je ne rejette rien de cette vie : ni la chair, ni la souffrance, ni l’alcool.
Ancré dans le réel et notre condition, sans centre, tout est clair.

En moi, rien n’a changé. Le mental continue à creuser et à s’enterrer sous les concepts et sa quête sans fin de sens. Pourtant, je ris, je savoure chaque instant.

Le Tao ou le Zen ?
Le Zen n’a jamais rejeté le Tao. Le Bouddha dit : « ceci est, car cela est. »
Qu’est-ce que le Tao ? Ce bouillonnement, ce flux de vie, ce mystère.

Que dire ici ?
Arrêtez de vous rendre les choses compliquées.

Si tu essayes de pratiquer le bouddhisme, tu en es loin.
Tout acte forcé, même si les mérites sont bons, est déjà une surcouche inutile.

Pisser est bien plus sacré que de s’asseoir sur un coussin en dressant sa colonne comme un coq cherchant à se prouver quoi que ce soit.

Le premier obstacle est le nombril.
Le second ? La certitude.

Le Dharma est une montagne impassible vous regardant agoniser, les jambes brisées, après une mauvaise chute dans un ravin.

Le bouddhisme, c’est brûler joyeusement l’histoire qu’on essaye d’écrire dans notre vie.

Bouddha n’était pas un bouddhiste.

Siddharta a déconné sur bien des points, et c'est normal, c’était un être humain comme nous tous.
Et pourtant, il a transmis la vue juste, il a transmis le chemin, il a transmis l’accès au réel. Il a révélé le Bouddha, proposé un chemin.

Un dernier conseil : si vous cherchez à être un saint, vous serez un saint.
Si vous vous dépouillez de vos mensonges, il ne restera que Bouddha.

Puissent tous les êtres se libérer à leur nature véritable.

Reveillez vous, bon sens ! La vie est si brève !

La paix rugueuse du Taoïsme

Rédigé par Monk Jean Paul
Classé dans : Non classé Mots clés : aucun

Il me semble que suivre le Tao, c’est embrasser pleinement l’incertitude et l’inconfort existentiel de l’ego, face au vide de son inutilité, de son inconsistance et de son inconstance.
Accepter la radicalité de notre condition.
Voir le vide derrière tout ce que nous portons, sans faiblir et sans se raconter d’histoires d’éveil, de bonté ou de perfectionnement.

Voir la boue comme boue, et accepter.
Le taoïsme pique : il te plonge dans une paix rugueuse.

C’est la voie de ceux qui cherchent et trouvent le réel.
Dans ce réel, il n’y a pas de salut, pas de sauveur, ni personne à sauver.

C’est un dépouillement total.
Là où même les larmes deviennent inutiles.

Une fois les mélodrames de l’ego passés,
il reste la beauté de l’instant.

Nulle technique, nulle promesse.

Allons marcher, s’asseoir, rire un peu.
Telle est la voie qui se trace sous tes pieds, chaque jour, d’elle-même.
Il n’y a rien à faire, pas de perfection : tout se déploie et suit sa nature.

Quand tu lèves ta coupe

Rédigé par Monk Jean Paul
Classé dans : Non classé Mots clés : aucun
Quand tu lèves ta coupe à la lune, le souffle du vent t'embrasse.
J'étais parti encore trop loin, mais la randonnée est terminée.
Embrasser la simplicité.
Abandonner la quête de la perfection, vivre pleinement et faire confiance au Tao.
Accepter le mystère et profiter, sans se brûler, du miracle de la vie.
Cultiver la gentillesse, cueillir la joie.

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé.

Loin d'être éveillé

Rédigé par Monk Jean Paul
Classé dans : Non classé Mots clés : aucun
Loin d'être éveillé et pourtant si heureux.
Qui s'égare ?

Danse avec les loups, cesse de te mentir

Rédigé par Monk Jean Paul
Classé dans : Non classé Mots clés : aucun

Quand tu forces, tu t’égar​es.
La religion force, le Tao danse.
Quand l'ego veut dresser ton dos sur le coussin, le Tao l’arrondit.
Parfois on observe le souffle, parfois on écoute le chant des oiseaux.
Cesse de te mentir, cesse de revenir aux cadres. Même si parfois tu as peur.
Si tu poses un cadre, le Tao est déjà perdu.

Refuse la perfection, embrasse l’ignorance.
Divague, brûle tes certitudes et les livres : c’est simple !
Pourtant parfois, le mental s’effraie et cherche un secours face au vide,
comme s’il ne savait pas reconnaître sa propre mère.
Craignant le silence, redoutant de voir ses pensées se dissoudre dans la brume de l’ignorance,
il court vers une religion comme on court vers un mirage en plein désert, sans voir l’oasis derrière soi.

Les mots sont fades, si loin du simple « juste s’asseoir ».
J’ai encore du mal avec cette simplicité radicale.
Tantôt j’embrasse, tantôt mon cœur s’embrume si loin qu’il perd le contact avec la Source.
Pourtant, tel un chamane, quand l’ignorance berçait ma vie, je vivais dans l’union.
Puissé-je demeurer dans cette clarté, l’esprit libre de tout dogme.
Puissé-je embrasser la Source à jamais, sans retomber dans les idées truquées et les mensonges des hommes.
Merci pour ce cœur qui bat.
Merci pour ces cœurs qui battent : puissent-ils connaître le bonheur.

Fil RSS des articles