le Zen, Bouddhisme maudit

Rédigé par Monk Jean Paul
Classé dans : Non classé Mots clés : aucun
Le Zen, c'est un peu le Bouddhisme maudit.

Il y a des maîtres, des humains d'un coeur pur et d'une vérité profonde qui détonne des stéréotypes du bouddhisme classique. On peut citer Santoka, Ikkyu, Alan Watts, Ryokan et tant d'autres, plus souvent anonymes, qui glissent trébuche tôt ou tard sur les préceptes pour non pas "suivre" naïvement le Bouddha, mais trouver le Bouddha au delà des statues et paroles des autres.

Loin des impostures, germant parmis les cendres et la boue. Ils ont pour quête le vrai. La vérité rugueuse de la vie quotidienne, loin des temples , ces maîtres ont tranché les codes, la religiosité hypocrite, pour découvrir le Bouddha dépouillé. Non pas le Bouddha des livres, des légendes ou des contes, mais le Bouddha du coeur.

Certains vont plonger dans l'ascèse, d'autres suivre des maîtres innombrables pendant des années, et d'autres vont nettoyer leur cœur dans le vin, le baiser d'une femme et embrasser l'amour sans code, sans sombrer dans la quête d'un perfectionnement, d'une sainteté puante.
Je n'ai jamais pu, ni réussi à me décontaminer du Bouddhisme, du Zen, une fois touché, le Dharmma ne peut pas s'oublier, ni être abandonné.

Pourquoi ? Quand la vérité est énoncée, le Dharma, "rien ne dure, pas de soi, rien n'a d'existence séparée". Il est impossible de ne pas le voir. Tout dans ce monde de poussière ne fait que refléter les vérités énoncées par le Bouddha.

En mourant, le Bouddha a dit : "En définitive, soyez votre propre lanterne."

Que comprendre ? Le chemin de Siddhartha n'est pas le votre, le chemin de monsieur X n'est pas votre chemin. Rien de plus, et assumer, accepter, avec courage de marcher seul, de se perdre, mais toujours le Bouddha au coeur, peut-être loin des préceptes, se révèle à chacun qui avance dans la sincérité.

Le Zen, en proclamant "Si tu vois le Bouddha, tue le Bouddha", a cette lucidité.
Le Bouddha n'est autre que notre nature profonde, l'éveil pur, le diamant, libéré de tout.
Siddhartha, le Bouddha Shakyamuni, a donné une voie parmi des milliers d'autres, cachées, et certaines tortueuses.

Nul besoin de quitter la vie de famille, son job, ou encore de se briser les ligaments assis sur un coussin pour toucher la nature profonde. Pour le reste, tantôt voilée, tantôt présente, l'attention doit être aiguisée pour embrasser chaque instant.
Peu importe la voie qu'on emprunte, à la fin toutes les rivières mènent à la mer, ou du moins suivent ce qu'elles doivent suivre

Photo de Laone Marques: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/un-chien-heureux-profite-d-une-balade-en-voiture-vintage-32699548/

Trop de pensée, trop de perfection, fuck it

Rédigé par Monk Jean Paul
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Trop de pensée, trop de perfection

Il me semble que parfois le mental cherche un cadre pour à la fois se donner du sens et se rassurer. Au lieu d’accepter que l’on contrôle peu de choses, on adopte des modèles de perfection et on tente d’en suivre la trace.

Nous sommes infiniment plus instables et complexes que ce que les innombrables voies spirituelles prétendent expliquer. Tout bouge dans ce corps et cet esprit, mais faut-il se mentir en qualifiant tout cela de « vide » ? Pas si sûr.

La vague existe. La vague a une vie indépendante de la mer : elle a sa vie de vague. Ainsi, le moi aussi se forme, danse et se disperse.

Ce moi est complexe : une pointe consciente au sommet d’un iceberg inconscient, un amas d’expériences et d’ébullitions émotionnelles mêlées de souvenirs. De là jaillit une identité, qui se tisse et se défait.

Pourtant, nous avons à vivre.

Plus j’observe mon esprit, moins je le comprends.
Aujourd’hui telle vérité, demain une autre, puis le cycle s’enchaîne.

Il me semble que la vérité ne se touche pas dans les concepts, ni par la pensée, mais dans l’oubli. Un oubli sain, pas un refus d’être, mais une manière d’être entier, de se laisser absorber par l’immensité du monde et par ce que l’on ressent.

Plus le temps passe, plus l’incertitude grandit. J’ai du mal à comprendre et à me stabiliser.

Le bouddhisme sonne faux. Parfois je m’y accroche et je joue le rôle du parfait petit bouddhiste. N’est-ce pas simplement pour me rassurer ?

Vivre sous une vigilance et une attention constantes, n’est-ce pas une autre forme de mensonge ?

Je pense que le Tao est plus juste : ni perfection, ni dogme, ni effort forcé.

Quand le Zen me guide, je joue au bouddhiste.
Quand le Tao me guide, je vis pleinement.

Le rien à foutre a son importance.
Le bouddhiste semble avoir peur de vivre.
Le taoïste a compris qu’il n’a qu’une vie.

Alors ? J’assumerai de divaguer sans loi, sans guide. Me laisser porter par mes sentiments, mes intuitions, la Nature, l’Awen des druides. Parce que vivre pleinement, c’est embrasser le mystère sans chercher à tout contrôler.

Aucun conseil à donner, aucune voie à suivre.

S’asseoir, marcher peut-être, écouter les oiseaux et profiter du miracle de la vie. Ce sera déjà pas mal.

Laissez la voix intérieure s’affoler, et tendrement lui sourire.

Photo de Giancarlo Principe | Outdoor Adventures

Quand mes masques tombent

Rédigé par Monk Jean Paul
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La sincérité et l’humilité, voilà le Zen.
Un jour, il est temps de laisser tomber les masques. Tous, ceux des idéaux.
Il faut les trancher et embrasser sa misérabilité.
Ainsi, j’ai tranché le sage, le moine, le taoïste, et j’en passe, couche après couche.

Que reste-t-il ? Une vue aiguisée et tranchante, et de l’amour.

Comme une moule sur son rocher, je me suis fixé, contre les vagues de l’ego, sur le refuge : le Bouddha.

Ce n’est pas beau, ce n’est pas magique, ce n’est pas un miracle, ce n’est pas un éveil.
C’est simplement une conséquence : j’ai vu que le bateau dérivait sans cesse.
Le bouddhisme est une ancre : on la jette, et soudainement, malgré les tumultes des marées et tempêtes, le navire branlant reste ancré, loin des mensonges de l’esprit.

Depuis quelque temps, un miracle s’est produit.
Je ne bascule plus, je ne me laisse plus emporter, un puissant rien à foutre : j’embrasse tout.

Non, je ne suis pas un moine, encore moins un ascète.
Je suis cette sorte de bouddhisme vivant qui embrasse la vie, et le Bouddha dans le bouillonnement du monde.

Aucun masque, aucune hypocrisie, je ne rejette rien de cette vie : ni la chair, ni la souffrance, ni l’alcool.
Ancré dans le réel et notre condition, sans centre, tout est clair.

En moi, rien n’a changé. Le mental continue à creuser et à s’enterrer sous les concepts et sa quête sans fin de sens. Pourtant, je ris, je savoure chaque instant.

Le Tao ou le Zen ?
Le Zen n’a jamais rejeté le Tao. Le Bouddha dit : « ceci est, car cela est. »
Qu’est-ce que le Tao ? Ce bouillonnement, ce flux de vie, ce mystère.

Que dire ici ?
Arrêtez de vous rendre les choses compliquées.

Si tu essayes de pratiquer le bouddhisme, tu en es loin.
Tout acte forcé, même si les mérites sont bons, est déjà une surcouche inutile.

Pisser est bien plus sacré que de s’asseoir sur un coussin en dressant sa colonne comme un coq cherchant à se prouver quoi que ce soit.

Le premier obstacle est le nombril.
Le second ? La certitude.

Le Dharma est une montagne impassible vous regardant agoniser, les jambes brisées, après une mauvaise chute dans un ravin.

Le bouddhisme, c’est brûler joyeusement l’histoire qu’on essaye d’écrire dans notre vie.

Bouddha n’était pas un bouddhiste.

Siddharta a déconné sur bien des points, et c'est normal, c’était un être humain comme nous tous.
Et pourtant, il a transmis la vue juste, il a transmis le chemin, il a transmis l’accès au réel. Il a révélé le Bouddha, proposé un chemin.

Un dernier conseil : si vous cherchez à être un saint, vous serez un saint.
Si vous vous dépouillez de vos mensonges, il ne restera que Bouddha.

Puissent tous les êtres se libérer à leur nature véritable.

Reveillez vous, bon sens ! La vie est si brève !

La paix rugueuse du Taoïsme

Rédigé par Monk Jean Paul
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Il me semble que suivre le Tao, c’est embrasser pleinement l’incertitude et l’inconfort existentiel de l’ego, face au vide de son inutilité, de son inconsistance et de son inconstance.
Accepter la radicalité de notre condition.
Voir le vide derrière tout ce que nous portons, sans faiblir et sans se raconter d’histoires d’éveil, de bonté ou de perfectionnement.

Voir la boue comme boue, et accepter.
Le taoïsme pique : il te plonge dans une paix rugueuse.

C’est la voie de ceux qui cherchent et trouvent le réel.
Dans ce réel, il n’y a pas de salut, pas de sauveur, ni personne à sauver.

C’est un dépouillement total.
Là où même les larmes deviennent inutiles.

Une fois les mélodrames de l’ego passés,
il reste la beauté de l’instant.

Nulle technique, nulle promesse.

Allons marcher, s’asseoir, rire un peu.
Telle est la voie qui se trace sous tes pieds, chaque jour, d’elle-même.
Il n’y a rien à faire, pas de perfection : tout se déploie et suit sa nature.

Quand tu lèves ta coupe

Rédigé par Monk Jean Paul
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Quand tu lèves ta coupe à la lune, le souffle du vent t'embrasse.
J'étais parti encore trop loin, mais la randonnée est terminée.
Embrasser la simplicité.
Abandonner la quête de la perfection, vivre pleinement et faire confiance au Tao.
Accepter le mystère et profiter, sans se brûler, du miracle de la vie.
Cultiver la gentillesse, cueillir la joie.

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé.
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